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English

Vincent Ganivet’s Studio

Florence Ostende

Vincent Ganivet’s studio is a space to make art and a space to live. It’s also a permanent building site where things are thought out, built, tested and retested … until they work.

Versailles in the kitchen

Vincent Ganivet starts the studio visit by lighting his cigarette with a blowtorch. The artist makes brick wheels, arches, fireworks, fountains, quivering objects. ‘One sentence should be enough to describe each of my pieces’, he says. ‘The vibrating stones are like my mobile phone fallen in a cement mixer. The fountains are a kitchen-friendly version of Versailles.’ When he was studying at the Beaux-Arts in Paris, Ganivet’s works were mostly videos and websites. But in 2003 he hunted down a huge 200-square metre space in the Île-Saint-Denis, ten kilometres north of Paris. He got an affordable rent from the landlords who were only using it as storage, and started to share his time between the space’s renovation and his own practice. Ganivet’s daily life became intrinsically linked with the building; his production changed radically.

Brick waterfall

The artist has been working primarily with sculpture ever since. His installations are often based on the material available on-site, especially bricks that he has alternately turned into flooring, igloo and waterfall. In 2004 he exhibited at Mains d'Œuvres in Saint-Ouen a 700-brick domino cascade, unravelling over two floors. His new working space gave free rein to his experiments: Ganivet tested fireworks, smoke frescos, crockery fountains and dust compositions. The size of the studio also allowed him to experiment with making a series of brick wheels, a delicate operation in which the bricks are held together only by a strap. ‘I build something, it falls apart, and I try again until it works’, he says. His next challenge: an ovoid brick wheel for a show in Poland. ‘I build something, it falls apart, and I try again’, he repeats.

A versatile space

At first, the place was just a large slab of concrete, but Ganivet did it up progressively. ‘It has been a long time’, he says. ‘It was always “almost ready”, and I reinvested every cent in the building.’ After years of non-stop renovation, a DRAC (Directions Régionales des Affaires Culturelles) grant allowed him to buy precision tools. Six years down the line, the studio is fully functioning, habitable and viable. Large sliding doors separate the living and working spaces. The high ceiling and abundant natural light are ideal for photo shoots and voluminous artworks. Workshop, photo- and carpentry studio, Ganivet’s den is highly versatile. Yet the artist is wary of over-equipping the place. ‘Too many tools can come in the way of creation. I want my work to remain as simple as my dust mandala’, he says. Realised for the exhibition Matières à paysage (2008) in Noisy-le-sec, the mandala was a circle drawn on the floor by the dirt left over from the installation.

Casual residency

The studio is used as a production space by other artists such as Frédéric Pradeau, Fayçal Baghriche and the artist collective Bad Beuys Entertainment. In the basement, Ganivet has installed a recording studio for local musicians. He has worked with numerous artists showing at Corentin Hamel, a gallery for emerging talent that closed in 2005. Ganivet has also been involved in the production of projects realised by Le Commissariat, an artist and curator collective founded in 2006. The studio soon became a ‘casual residency’, supported only by the energy of the other artists involved. Ganivet enthusiastically recalls the mad rush of installations, Bad Beuys’ finishing touches the day before FIAC’s opening, or the 10 cm of washing liquid splashed all over the studio by Frédéric Pradeau to test his Palais de Toyko installation.

Alternative economy

Ganivet doesn’t wait for his projects to be approved and financed. He has set up a unique model of production, almost freed from public and private funding. His studio is a breach in the usual system, one he’s now defending against the authorities. A development scheme has been threatening the space for the last twenty years; to convince the mayor of the importance of his project, Ganivet has been documenting the renovation of his space, step by step. For the invitation card of his recent show at Le Confort Moderne in Poitiers, the artist chose an outside view of his studio, highlighting his will to protect it. Now a figure of the French art scene, Ganivet has been increasingly able to use the studio for his own work. ‘I get more and more exhibition invitations now, and I’m really starting to enjoy the space. The toolbox is ready!’

IMAGE CREDITS

Lola Reboud, L'atelier de Vincent Gavinet, Île-Saint-Denis, 2009

Atelier, dedans, 08/2009, photo credit : Vincent Ganivet

Vincent Ganivet, Mandala, 2008, La Galerie, Noisy-le-sec, photo credit : Vincent Ganivet

Atelier, dehors, 08/2009, photo credit : Vincent Ganivet

Français

L'atelier de Vincent Ganivet

Florence Ostende

L'atelier de Vincent Ganivet est un espace de travail, une maison, une résidence improvisée pour artistes, un chantier permanent où ça construit, pense, teste et reteste à l'infini, jusqu'à ce que ça marche.

Versailles dans la cuisine

Vincent Ganivet allume sa cigarette au chalumeau et commence la visite de son atelier. L'artiste fabrique des roues en parpaings, des arches, des feux d'artifice, des fontaines, des objets qui tremblent. "Mes œuvres doivent pouvoir se décrire en une seule phrase. Les cailloux qui vibrent, c'est mon téléphone portable tombé dans la bétonnière. Les fontaines, c'est Versailles dans la cuisine". Pendant ses études aux Beaux-Arts de Paris, sa pratique s'oriente surtout vers la vidéo et les sites internet. En 2003, il déniche un grand espace de 200m2 dans la commune de l'Île-Saint-Denis à une dizaine de kilomètres au nord de Paris. Il le loue à bas prix aux propriétaires qui s'en servent pour stocker des matériaux. Son temps se divise alors entre la rénovation du lieu et sa pratique artistique. Le quotidien devient un chantier permanent, son travail change radicalement.

Cascade de parpaings

Ganivet se met à la sculpture et réalise des installations à partir de matériaux disponibles sur place, notamment des parpaings qu'il décline en parquet, igloo, cascade. En 2004, il installe un domino cascade géant de 700 parpaings sur les deux étages de Mains d'Œuvres à Saint-Ouen. Dans ce nouvel espace de travail, rien ne vient limiter les expériences de Ganivet, il y teste feux d'artifice, fresques en fumigène, fontaines de vaisselle et compositions de poussière sur compresseurs. La taille du lieu lui permet d'expérimenter une série de roues en parpaings, un procédé délicat dont l'équilibre ne tient que par la force d'une sangle. "Je construis, ça tombe et je reconstruis, jusqu'à ce que ça marche". Son prochain challenge, une roue ovoïdale pour une exposition en Pologne. "Je construis, ça tombe et je reconstruis", répète-t-il.

Espace polyvalent

Au début, le lieu n'est qu'une grande dalle qu'il aménage peu à peu. "Ce fut assez long, cela n'en finissait pas d'être prêt. Je n'ai jamais conçu cet atelier de façon provisoire, je réinvestissais le moindre centime dans sa construction". Après des années de chantier, une aide de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) lui finance des outils de précision. Six ans plus tard, l'espace est enfin fonctionnel, vivable et viable. De grandes portes coulissantes séparent le lieu de travail du lieu de vie. La hauteur de plafond et la lumière naturelle rendent possible la construction de gros volumes et la réalisation de prises de vue. Construction, menuiserie, studio photo, l'atelier est polyvalent. L'artiste ne cherche pas non plus le suréquipement. "Trop d’outillage peut rapidement devenir une prison. Il faut que mon travail reste simple à l'image de mon mandala de poussière". Réalisé pour l'exposition Matières à paysage (2008) à Noisy-le-sec, le mandala est un cercle au sol où subsistent les restes de poussière du montage d'exposition.

Résidence informelle

L'atelier devient aussi un lieu de production pour d'autres artistes tels que Frédéric Pradeau, Fayçal Baghriche et le collectif Bad Beuys Entertainment. Au sous-sol, il installe un studio d'enregistrement pour les musiciens du quartier. Il accueille aussi de nombreux artistes qui exposent à Paris chez Corentin Hamel, une jeune galerie prospective qui fermera ses portes en 2005. Ganivet s'implique par ailleurs dans la production de projets réalisés au sein du Commissariat, collectif d'artistes et commissaires fondé en 2006. L'atelier devient une "résidence informelle". L'énergie des artistes qui se joignent à lui est le moteur de l'entreprise. Il se souvient avec enthousiasme de l'urgence des montages d'exposition, des coups de meuleuse nocturnes des Bad Beuys pour finir une pièce la veille de la FIAC ou des 10 cm de savon, lessive et détergents que Frédéric Pradeau répand dans tout l'atelier pour tester son installation présentée au Palais de Tokyo.

Une brèche dans le système

Hors de question d'attendre qu'on veuille bien lui financer un projet, Ganivet a réussi à créer une économie de production qui ne dépend pas uniquement des institutions publiques ou privées. Cet atelier, c'est "une brèche dans le système", une opportunité qu'il a su saisir et défend à présent auprès des autorités. Un plan d'aménagement du territoire menace depuis vingt ans de raser les lieux. Il documente le chantier depuis le départ et tente de prouver au maire son importance. Le carton d'invitation de sa récente exposition au Confort Moderne de Poitiers est une vue extérieure de l'atelier, une opération de communication qui officialise sa volonté de le protéger. La reconnaissance du travail de l'artiste en France lui donne désormais l'occasion de s'en servir de plus en plus souvent pour sa pratique personnelle. "Je commence à en profiter au moment où les propositions se multiplient. L'outil est prêt!"

IMAGE CREDITS

Lola Reboud, L'atelier de Vincent Gavinet, Île-Saint-Denis, 2009

Atelier, dedans, 08/2009, photo credit : Vincent Ganivet

Vincent Ganivet, Mandala, 2008, La Galerie, Noisy-le-sec, photo credit : Vincent Ganivet

Atelier, dehors, 08/2009, photo credit : Vincent Ganivet

 
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