artwork image

English

Public Art to the Rescue

Colin Perry

Public art is often criticised for pandering to the crowds, condemned for being elitist and alienating, or else simply ignored by both the public and the art world. But could a new batch of post-credit crunch public commissions finally make everyone happy?

Post-Apocalyptic Scene

In a recession-blasted suburb in England, a banker twitches a frayed net curtain nervously. Outside, the battleground is strewn with the corpses of vanquished economists. For months, the earth is under permafrost. Now, like some sickly springtime daffodil, a fetid hand bursts through the thawing surface. Financiers wobble to their feet with a faint groan and begin their slow, relentless march forward. Deep within the government fortress, the Culture Minister proceeds blithely: ‘My friends! The investment-entrepreneur is dead! Long-live the artist-entrepreneur!’ The Finance Minister shuts his eyes and listens for the dull thud of clod-ridden footsteps approaching…

As the enormity of the economic crisis became evident last year, Lord David Puttnam – a retired film producer whose hits include Bugsy Malone (1976) and Midnight Express (1978) – eagerly expressed his thoughts to the nation: ‘look into the toolbox, creativity is the only tool we have left’. This of course, is nothing new: ever since New Labour came to power in 1997, art has been measured against economic or demagogic benchmarks. If an artwork was not quantifiably beneficial to the economy or the wider community, it was decadent, arrogant, beyond contempt. Furious critics and art professionals protested that this was mere ‘instrumentalisation’. Writing in the Guardian in 2006, Martin Kettle noted how ‘the strictly instrumental approach which dominated Labour’s first term has proved inadequate’. The gap between public and art world opinion seemed unbridgeable. Antony Gormley’s Angel of the North (1998) was popular with everyone – except art professionals. Indicatively, the high point of former Arts Council head Sir Christopher Frayling’s term in office was The Sultan’s Elephant, a gaudy piece of street theatre by Royal de Luxe that paraded down the Mall in May 2006.

The New Reality

After the credit crunch, things have changed and there has been a brief flourishing in public art. In 2009, Mark Wallinger won a commission to build the biggest public artwork in Britain: a 50 metre-high sculpture of a white horse that will be installed near the new Ebbsfleet International train station that connects Britain to France via the Channel Tunnel. The work is not simple giganticism – it is also knowingly kitsch and un-heroic (and a witty riposte to Gormley’s Angel). This October, twelve new public artworks were announced as part of the four-year Cultural Olympiad leading up to the 2012 Olympic Games in London. The shortlist for ‘Artists Take The Lead’ featured proposals by Martin Creed, Anthony McCall and Alex Hartley. Creed – who did not win his bid – proposed to ask as many Londoners as possible to ring a bell (bike bell, church bell, etc.), for three minutes of communal noisemaking during the opening ceremony. McCall’s successful proposal will be realised in Liverpool: a vast column of cloud rising from the waters of the Merseyside docks. Alex Hartley, another bid-winner, will transport a floating island from the Arctic to the coast of South West England, which will explore ‘issues of climate change and land ownership’. Art insiders will inevitably judge these works in light of the artists’ general practice, or in terms of recent art history. McCall’s proposal might sound merely spectacular but it makes sense in reference to his film work of the 1970s, while Hartley’s project recalls Robert Smithson’s Manhattan Island project (posthumously realised in 2005 with the assistance of the Whitney Museum of American Art). Perhaps these peripatetic, participatory, and quasi-democratic works, which are such a radical break from traditional static public sculpture, will be a hit with the public. They may prove to be that rare thing: public artworks that art professionals and laypeople can both savour.

Or so we hope …

Nevertheless, these recent gains for British public art are fragile. Lord Puttnam’s comment about art as a ‘tool’ indicates that the government has not abandoned its instrumentalist approach. Likewise, as City bonuses increase and the art market appears to recover, it is highly likely that artists will be lured away from the public sector. Moreover, the New Labour government – along with its arts policies – is on the brink of collapse. As Gordon Brown heads to probable defeat in the 2010 General Election we should ask: is it better for public art to be instrumentalised by New Labour, or marginalised by the twin forces of a recuperating art market and the Tories’ inevitable cost-cutting policies?

IMAGE CREDITS

Mark Wallinger, White Horse, 2008

33 times life-size, Ebbsfleet Landmark Commissiob, copyright of the artist, Courtesy Anthony Reynolds Gallery, London

Français

Renouveau de l'art dans l'espace public

Colin Perry

On accuse souvent l'art dans l'espace public de se soumettre aux exigences de la masse ou au contraire, de faire preuve d'élitisme et d'indifférence au risque de se voir ignorer à la fois du grand public et du monde de l'art. Après la crise, un nouveau programme de commandes publiques calmera-t-il les esprits?

Scène post-apocalyptique

Dans une banlieue anglaise frappée de plein fouet par la crise, un banquier tire d'un coup sec et nerveux le rideau abîmé qui le sépare de l'extérieur. Dehors, le champ de bataille est jonché de cadavres d'économistes terrassés par la crise. Pendant des mois, le sol est gelé. Comme une jonquille de printemps rabougrie, une main fétide jaillit de la surface dégelée. Les financiers marchent en titubant et poussent de faibles gémissements. Leur marche impitoyable commence. Au cœur de la forteresse du gouvernement, le ministre de la Culture déclare allègrement: "Mes amis! L'entrepreneur-investisseur est mort! Longue vie à l'artiste-entrepreneur!" Le ministre des Finances écoute les yeux fermés le bruit lourd et monotone des pas qui s'approchent...

L'année dernière, tandis que la crise battait son plein, Lord David Puttnam, producteur de films dont les plus connus sont Bugsy Malone (1976) et Midnight Express (1978), annonce au pays d'un ton enthousiaste: "Si vous cherchez dans la boîte à outils, la créativité est le seul outil qu'il nous reste". Rien de nouveau dans tout cela. Depuis la prise de pouvoir du parti travailliste en 1997, on ne parle d'art qu'en termes économiques ou démagogiques. Si l'œuvre ne génère aucun profit économique ou social, on la trouve décadente, arrogante, au-delà de tout mépris. De nombreux critiques et professionnels de l'art se sont insurgés contre cette "manipulation". En 2006, Martin Kettle explique dans le Guardian à quel point "l'approche purement manipulatrice du parti travailliste s'est avérée inutile". L'écart qui séparait le grand public de l'opinion du monde de l'art semblait irrattrapable. Tout le monde avait adoré Angel of the North (1998) d'Antony Gormley, tout le monde sauf les professionnels de l'art. Et pour finir, le temps fort de la présidence de Sir Christopher Frayling à la tête du Arts Council s'est trouvé être la parade de The Sultan's Elephant sur la grande avenue londonienne The Mall en mai 2006, une œuvre tape-à-l’œil de théâtre de rue de la compagnie Royal de Luxe.

Nouvel enjeu

Depuis la fin de la crise, on constate un bref renouveau de l'art dans l'espace public. En 2009, Mark Wallinger remporte le concours de la plus grande œuvre d'art d'Angleterre : la sculpture d'un cheval blanc de 50 mètres de haut située près de la nouvelle gare Ebbsfleet International qui relie l'Angleterre à la France via le tunnel sous la Manche. L'œuvre est non seulement géante mais aussi volontairement kitsch et anti-héroïque (et une riposte malicieuse à l'ange de Gormley). En octobre dernier, douze nouvelles commandes d'œuvres dans l'espace public ont été annoncées en vue des Jeux Olympiques de 2012 à Londres. Parmi les nominés du programme "Artists Take The Lead", les artistes Martin Creed, Anthony McCall et Alex Hartley. La proposition de Creed n'a pas été retenue, l'artiste avait proposé de demander au plus grand nombre possible de Londoniens de faire sonner une cloche (de vélo, d'église etc.) pour trois minutes de bruit collectif, le jour de la cérémonie d'ouverture. La proposition gagnante de McCall sera réalisée à Liverpool : une grande colonne de nuages s'élèvera au-dessus des docks de Merseyside. Alex Hartley, l'autre gagnant dont le travail aborde la "question du changement climatique et de la propriété des terres", va déplacer une île de l'Arctique jusqu'au large des côtes du sud-ouest de l'Angleterre. Les habitués de l'art contemporain replaceront très certainement ces œuvres dans le contexte plus large de la pratique de l'artiste et de l'histoire contemporaine. Le projet d'Hartley rappelle notamment celui de Robert Smithson, Manhattan Island, réalisé en 2005 après sa mort grâce au Whitney Museum of American Art. Bien que la proposition de McCall paraisse spectaculaire, elle s'inscrit tout à fait dans la lignée de ses films des années 1970. La vision d'habitude si statique de la sculpture dans l'espace public semble changer peu à peu. J'espère que ces œuvres mobiles, participatives et quasi-démocratiques remporteront un grand succès auprès du public. Il se pourrait même qu'elles arrivent enfin à réunir l'enthousiasme des professionnels et des non-initiés.

En attendant les élections...

Les récentes conquêtes de l'art dans l'espace public en Angleterre demeurent toutefois fragiles. La formule de Lord Puttnam sur l'art comme "outil" montre bien que le gouvernement n'a pas abandonné son approche instrumentaliste. Avec la reprise actuelle des bonus de la City et du marché de l'art, il est très probable que les artistes désertent le secteur public. De plus, le gouvernement travailliste ainsi que sa politique culturelle sont au bord de l'effondrement. En attendant la probable défaite de Gordon Brown aux élections de 2010, nous devrions nous poser la question suivante : Est-ce qu'il vaut mieux que l'art public se fasse manipuler par le parti travailliste ou qu'il soit marginalisé par la double influence du marché de l'art et des inévitables coupes budgétaires des Tories?

IMAGE CREDITS

Mark Wallinger, White Horse, 2008

33 times life-size, Ebbsfleet Landmark Commissiob, copyright of the artist, Courtesy Anthony Reynolds Gallery, London

 
advertisement advertisement advertisement