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English

Man to Bird

Jean-Luc Mylayne

Lisa Le Feuvre

A stage: the landscape. An actor: the bird. In his unique photographs, Jean-Luc Mylayne sets up fleeting encounters with the wild. Each image is a visual meditation on the possibility of representing subjective experience.

Jean-Luc Mylayne is a catcher of time. In 1976, the French artist sold his home and possessions to begin a nomadic life taking in France, Mexico and Texas. Since then, accompanied only by his wife and collaborator Mylène, he has been travelling through the landscape to slowly create singular images in a study of the human relationship to time and nature. Ostensibly Mylayne’s artistic pursuit is to photograph birds. These everyday robins, bluebirds, starlings and sparrows he seeks out, however, do not form an empirical catalogue: the birds are figures he uses as actors to play out the movement of time across the stage-set of wild scenery. To pay attention to landscape is to consider time and entropy: it is a realm first shaped by geological history, and then by human history.

Orchestrated nature

This spring, Sprüth Magers Gallery in London showed a selection of seven photographs by Mylayne, taken over the last six years. Each work begins with the selection of a location, and then a period of waiting; waiting for the uncontrollable bird-actors. No. 267 février mars 2004 shows an arid landscape in the centre of which a rock leans against a tree: between the two a shaft of sunlight outlines the forms against shadow. Just seen, is a single bird. In No. 298 mars avril 2005 a horizon marked out by an undulating landscape has the bluest sky imaginable, and in the blurred foreground a bird is again just perceptible. Mylayne’s photographs take several months to complete as he gets to know his characters, learn their movements. His photographs of nature are highly orchestrated, with the qualities of light observed and shifted using artificial additions to form the perfect stage, leaving only the arrival of the bird to chance.

Just the two of us

Each of his images is unique: there are no second tries, no back-up plans, no editioned prints. Nature is stopped at a single moment when all falls into place. Over time, the artist comes to know these tiny fleeting forms, and selects through their habits the moment to freeze the passing of time. Mylayne will never photograph the same bird twice: each subject is selected, and the relationship begins. The bird is a participant, an actor, stimulating by its arrival the taking of the image. Unlike the wildlife photographer, Mylayne uses a large format analogue camera with specialist lenses he has made himself. For the artist there is no furtive hiding, no paparazzi-style telephoto lenses: the process requires an intimate, almost personal relationship. Mylayne engages with the impossibilities and resistances of representation, mindful of the failures inherent in the very attempt to show experience. While the photograph may allude to replicating what we know, it is always a fiction brought to us through the filters of subjectivity. Using photography first to seduce the viewer and then to question assumptions of perception, he identifies myths of representing reality, exposing a more fractured notion of experience, always contingent upon time.

In another work, No 507 février mars avril 2007, a lichen-topped fencepost is a resting point for a bird in profile. Behind it an out-of-focus hill rises, topped by what could be, if one could see through the shifting focus, shining buildings reflecting the bright light. As with all of Mylayne’s images, there is no single focus-point here, the eye is forced to move across the surface of the image, seeking out points of reference, capturing the temporal shifts that inform perception. These are both portraits of individual birds and meditations on the perception of time that manage impossibly to simultaneously communicate duration and immediacy. All the elements – earth, sky, light, shadow, subject – are independent and dependent, replete and empty, as if awaiting ignition through the encounter that the bird provides as it enters the stage, just as indicated by the script.

IMAGE CREDITS

Jean-Luc Mylayne, No. 508, février mars avril 2007
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 298, mars avril 2005
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne,No. 302, mars avril 2005
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 267, février mars 2004
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 402 avril mai 2006
C-print
153 x 190 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 507 février mars avril 2007
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 407 avril mai 2006
C-print
153 x 300 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Français

D'homme à oiseau

Jean-Luc Mylayne

Lisa Le Feuvre

Imaginez un décor de paysage avec sur scène un acteur, ou plutôt un oiseau. Les photographies de Jean-Luc Mylayne mettent en scène de furtives rencontres avec les splendeurs du monde sauvage. Chaque image est une invitation à penser la possible représentation d'une expérience subjective.

Le temps, Jean-Luc Mylayne l'attrape. En 1976, l'artiste français vend sa maison et ses biens pour devenir nomade. France, Mexique, Texas, Mylayne parcourt les terres, accompagné de sa femme et collaboratrice, Mylène. La traversée de ces paysages lui inspire de singulières images qui tentent d'élucider la relation de l'homme avec le temps et la nature. Si on devait résumer sa pratique artistique, on dirait (en simplifiant) que Mylayne photographie les oiseaux. Mais son approche n'est pas celle d'un scientifique rigoureux. Au contraire, rouges-gorges, étourneaux et moineaux sont appréhendés comme des personnages, ou plutôt des acteurs qui incarnent les aléas du temps sur fond de nature sauvage. L'observation du paysage permet à l'artiste d'amplifier la perception du temps et de l'entropie à travers les différentes couches d'histoire qui se sont succédées, traces géologiques et traces humaines.

La nature mise en scène

La galerie londonienne Sprüth Magers a récemment présenté une sélection de sept photographies de Mylayne réalisées au cours de ces six dernières années. Pour chaque image, Mylayne procède de la même façon : il choisit un lieu et il attend à l'affût l'oiseau (voire l'acteur) dont il ne peut contrôler le jeu. La photographie No. 267 février mars 2004 représente un paysage désert avec au centre un rocher posé contre un arbre. Entre les deux, un filet de lumière dessine les contours d'une silhouette dans l'ombre, un oiseau, à peine visible. Dans No. 298 mars avril 2005, une ligne d'horizon surgit en arrière-plan entre un paysage vallonné et un ciel d'un bleu inouï. Au premier plan, un oiseau flou, à peine perceptible. Les photographies de Mylayne nécessitent plusieurs mois de travail, un temps nécessaire pour apprendre à connaître ses acteurs et leurs gestes. La nature est mise en scène et contrôlée jusque dans ses moindres détails. L'artiste retravaille les images, notamment la lumière, pour atteindre la perfection. Encore une fois, la présence de l'oiseau est la seule chose qui lui échappe.

Résistances

Pas de deuxième chance, pas de plan de secours ni de tirage supplémentaire, chaque image est unique. La nature est figée à l'instant même où tout semble avoir trouvé sa place. Avec le temps, l'artiste a appris à reconnaître ces petits moments fugaces pour en saisir l'essence la plus immédiate, la plus instantanée. Mylayne ne photographie jamais deux fois le même oiseau. Une fois son sujet choisi, le dialogue peut commencer. L'oiseau est un participant, un acteur dont l'arrivée sur scène déclenche et stimule la prise de la photographie. Contrairement aux photographes spécialisés dans la nature, Mylayne utilise un gros appareil photographique argentique avec des objectifs qu'il fabrique lui-même. Pour l'artiste, pas besoin de se planquer en cachette avec un téléobjectif style paparazzi : prendre une photographie est un processus qui nécessite une relation intime et engagée avec son sujet. Ce qui l'intéresse, c'est la résistance, voire l'impossibilité de la représentation d'une expérience, une tentative vouée à l'échec dont Mylayne a conscience. Bien que la photographie se rattache inévitablement à la connaissance que nous avons du réel, c'est toujours une fiction qui se présente sous nos yeux. Au premier abord, les photographies de Mylayne entretiennent un rapport de séduction immédiat avec le spectateur qui se retrouve, dans un second temps, piégé dans l'incertitude de ce qu'il voit. Notre perception "normale" vacille, la représentation du réel frôle le mythe pour nous livrer une expérience fracturée de la réalité objective, encore et toujours soumise au facteur temps.

Dans une autre œuvre, No 507 février mars avril 2007, un oiseau de profil au repos s'est posé sur le poteau d'une clôture recouverte de lichen. Derrière, une grande masse floue laisse apercevoir une colline avec au sommet, des immeubles qui brillent d'une lumière éclatante. Comme dans toutes les photographies de Mylayne, il n'y a aucun point d'ancrage pour le regard forcé de balayer la surface de l'image. Ces portraits individuels d'oiseaux sont une méditation sur le temps et son impossible perception capable de transmettre à la fois un sentiment de durée et d'instantanéité. Tous les éléments (terre, ciel, lumière, ombre, sujet) interagissent ensemble ; que leur rôle soit fécond ou stérile, on dirait qu'ils sont dans l'attente de cette rencontre avec l'oiseau dont l'arrivée sur scène provoquera des étincelles, comme le prédit le scénario.

IMAGE CREDITS

Jean-Luc Mylayne, No. 508, février mars avril 2007
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 298, mars avril 2005
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne,No. 302, mars avril 2005
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 267, février mars 2004
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 402 avril mai 2006
C-print
153 x 190 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 507 février mars avril 2007
C-print
123 x 123 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

Jean-Luc Mylayne, No. 407 avril mai 2006
C-print
153 x 300 cm (framed)
Unique Piece
Courtesy the Artist and Sprüth Magers Berlin London

 
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